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Dimanche 26 mai 2013
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Drogue


La finance à la manoeuvre





Selon une étude de l’Université des Andes à Bogota qui date de 2011, le trafic de la cocaïne colombienne enrichit principalement les banques occidentales.
The Guardian s'est récemment fait l’écho de cette étude, qui vient seulement d'être publiée en anglais. Le journal britannique souligne qu'il s'agit de "la recherche la plus détaillée jamais réalisée sur l’économie de la drogue". Seulement 2,6% de tout l’argent généré par la production et le trafic de cocaïne reste en Colombie. Les 97,4% restant sont partagés entre les narcotrafiquants et les banques des États-Unis et d’Europe. "Si la Colombie pouvait bénéficier économiquement du commerce de la drogue, il y aurait un certain sens dans tout cela, estime Alejandro Gaviria, un des économistes en charge de l'étude. Au lieu de cela, nous payons le prix fort pour le profit de quelqu’un d’autre."
Selon les chercheurs la faute à l’hypocrisie des "pays consommateurs" (Etats-Unis, Royaume-Uni et Espagne en tête) : "Ils se limitent à chasser les petits poissons, ou les maillons faibles de la chaîne, mais ils ne s’en prennent jamais aux systèmes financiers", affirme Daniel Mejía, un autre économiste qui a travaillé sur cette étude. Récemment, l’affaire des douaniers d’Aéroport de Paris soulève chez les spécialistes quelques interrogations. C’est dans le cadre d’une filature de longue date d’un réseau de narcotrafiquant que les douaniers français ont été repérés dans leur micmac. Mais au lieu peut-être d’attendre encore pour remonter la filière d’import-export de drogue, les autorités ont semblent-ils préférer « vider l’abcès » (Libération du 23 et 24 juin, page 11). Etait-ce si judicieux ? Le démantèlement du réseau de trafiquants a été reporté et du coup forcément averti ! Certains murmurent dans les couloirs qu’il impliquait du « beau monde ».
La complicité dans le commerce de drogue, seule vraie garantie en période de crise d’un cash frais n’est jamais dans les couloirs des aéroports mais dans les arrière-cours feutrées de quelques sièges bancaires.

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