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Lundi 20 mai 2013
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Socrate


acquitté en appel, vingt-quatre siècles plus tard…





Des juges et des avocats du monde entier ont refait à Athènes, le procès de Socrate, condamné à mort en 399 avant Jésus-Christ pour "impiété et corruption de la jeunesse". Les débats ont été disputés et le résultat serré. Cinq juges l'ont condamné et cinq l'ont acquitté. En l'absence de majorité, l'accusé a été déclaré innocent. Le public a été plus clair : le vote du jury populaire du Centre culturel Onassis, par 584 voix pour et 282 contre, a rendu sa liberté au penseur qui se méfiait pourtant de la loi du plus grand nombre.

Les procureurs ont été habiles à faire du procès de Socrate celui des pourfendeurs de la démocratie. Antonis Papadimitriou, avocat et président de la fondation Onassis, et le professeur de criminologie Elias Anagnostopoulos ont rappelé le contexte historique : en 399 avant Jésus-Christ, Athènes se remettait à peine de sa défaite contre Sparte dans les guerres du Péloponnèse et de l'année de terreur imposée par les Trente Tyrans, qui coûta la vie à 1 500 citoyens.

Le principal artisan de ce retour de l'oligarchie était Critias, un disciple de Socrate (par ailleurs cousin de Platon). On connaît la faiblesse de Socrate pour Alcibiade, qui avait trahi Athènes pour Sparte. Pour l'accusation, la cause est entendue : Socrate est un traître à la patrie et à la démocratie.

La tâche des avocats était difficile. "Mon client se défend si mal", a constaté Patrick Simon, l'un des défenseurs du philosophe avec l'Anglais Michael Beloff. Dans "L'Apologie de Socrate" de Platon, le philosophe passe son temps à faire la leçon à ses accusateurs et à ses juges. Heureusement pour ses avocats, Socrate était absent vendredi soir. Ils ont pu développer leurs plaidoiries en mettant l'accent sur la liberté d'expression et en dénonçant un procès politique. On notera au passage que l’idée de convoquer Socrate devant un tribunal, aujourd’hui en pleine crise grecque, ne manque pas d’à propos, lui qui pensait en effet que le citoyen athénien ne devait jamais baisser la garde et qui appelait chacun à sa propre responsabilité morale ! "Je suis le taon qui, de tout le jour, ne cesse jamais de vous réveiller, de vous conseiller, de morigéner chacun de vous et que vous trouverez partout posé près de vous"…


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