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Jeudi 24 avril 2014
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Libye-Syrie: Tartuffe chef de guerre et diplomate - L’intolérable hypocrisie de la protection des populations civiles

Libye-Syrie: Tartuffe chef de guerre et diplomate


L’intolérable hypocrisie de la protection des populations civiles




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La protection des populations civiles sera à la guerre de Libye contre Kadhafi ce que les armes de destruction massive ont été pour la guerre d’Irak contre Saddam Hussein: un prétexte hypocrite et mensonger.

C’est maintenant une évidence. C’est un ”false flag”, comme disent les Anglo-saxons, un leurre moral pour justifier une guerre. Car, s’il en était autrement, la logique et l’éthique imposeraient aux Français et aux Anglais de frapper, en Libye, les combattants rebelles qui menacent les civils de Syrte et d’intervenir, en Syrie, contre le régime de Damas qui lui, effectivement, fait tirer sur des civils dans sa répression d’une contestation multiforme.

Récemment l’hypocrisie des démocraties, morales mais casquées, a été illustrée par un titre assez étonnant du quotidien français, Le Monde. Il y était affirmé que le CNT faisait, dans ses bombardements contre Syrte, la distinction entre les civils et les partisans du colonel. Franchement qui peut croire cela? C’est impossible, comme ci les américains en bombardant les villes françaises, en 1943-1944, avaient distingué les gentils civils attendant la libération des méchants collaborateurs la redoutant.

Il y a donc des civils a protéger, ceux qui se sont révoltés contre le régime de Tripoli et des civils à matraquer, ceux qui, pour des raisons ethniques, le soutiennent. On comprend qu’on essaye de nous faire croire le contraire avec les analyses sure place de journalistes propagandistes de la bonne cause. On le comprend d’autant plus qu’en allant plus loin et en constatant que l’on fait la guerre à une population, en raison de son ethnie, on n’est plus très loin de la définition tout de même des fameux crimes imprescriptibles contre l’humanité.

On voulait renverser un régime dans une guerre aux côtés de ses ennemis contre ses partisans, armée, milices et civils. On ne peut l’admettre ni en donner les véritables raisons qui échappent encore, en partie, en tout cas.

Et les civils syriens ?

Si la protection des civils était un dogme sacré pour l’ingérence humanitaire et militaire démocratique, il y aurait, en ce moment, une nouvelle ”guerre juste” contre Damas. Or, il n’en est rien. Bien sûr, il y a des difficultés militaires et diplomatiques, mais la répression devrait imposer un devoir d’intervention, encore plus fort qu’en Libye, au moralisateur Juppé, plus droit dans ses bottes, un peu ensanglantées cependant, que jamais. 

Même les sanctions patinent. Il faut dire que les Russes et les Chinois ont tiré la leçon de Tripoli. La résolution limitée à la protection des populations civiles na jamais été respectée. C’était le moyen, pour l’OTAN, d’obtenir le feu vert de la guerre contre Kadhafi. Russes et Chinois se sont  fait berner ou ont laissé faire mais, pour Damas, il faudra prendre un autre chemin que celui de la belle morale onusienne.

L’opposition s’organise à Istanbul. Elle montre, déjà, un visage de division et ne peut cacher l’influence des Frères musulmans, toujours en embuscade dans chaque scénario révolutionnaire. Les civils syriens révolutionnaires sont soutenus par des militaires rebelles et minoritaires. Ils peuvent être tentés par une guerre civile qu’ils sont loin d’être sûrs de gagner.

Le régime peut compter sur son ethnie religieuse alaouite, qui tient l’armée et son matériel et a manifesté, depuis 6 mois, une fidélité qui fait partie de la donne. La guerre de Syrie n’aura donc sans doute pas lieu, n’en déplaisent aux défenseurs admirables des populations civiles, sauf des populations kadafistes bien sûr.

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