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Par: gemo30 le 06/01/2012


Très bonne analyse. Effectivement, on est loin d'un programme de gouvernement censé emporter les Français à rêver d'un monde meilleur...
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Présidentielle : c’est l’histoire d’un mec - François Hollande victime de son style et du système

Présidentielle : c’est l’histoire d’un mec


François Hollande victime de son style et du système



Raoul Fougax
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N’est pas Coluche qui veut! D’ailleurs, Coluche a renoncé à la présidentielle et quelques uns de ses meilleurs sketches seraient aujourd’hui interdits d’antenne. Car, comme bien des libertés d’expression, celle des humoristes est limitée par le "politiquement correct", ce soviétisme du conformisme.

Ce n’est pas à François Hollande, candidat à la présidence, de faire du Coluche devant les journalistes, ni de monter des scénettes humoristiques pour un public acquis d’avance. Il a été victime d’une faiblesse coupable, une faiblesse déjà soulignée ici. On ne fait pas le même esprit lors d’un mariage, d’une première communion, que pendant une campagne présidentielle. François Hollande aime faire sourire, car il a de l’esprit. Ii est drôle et assez fin. Mais la saison présidentielle ne s’y prête pas. Le deuxième degré échappe à nombre de journalistes. 

Il a été victime d’une autre faiblesse. Il considère les journalistes comme  de futurs électeurs et, sans doute, des quasi militants pour la Gauche, adversaires de Sarkozy et Le Pen. Il n’a pas tort, mais il oublie, comme de nombreux hommes politiques, que le journaliste, même ami, reste un journaliste. Comme le flic reste un flic. Il peut y avoir connivence ; complicité souvent. Cela fausse d’ailleurs le rôle démocratique des médias. Mais il y a des limites à connaître. La valeur suprême du journaliste, c’est l’information, qui lui permet de créer l’événement et de se faire valoir.

Le fameux «off» -qu’il faut traduire par "je vous le dis hors micro, car j’ai confiance en vous, vous ne le répéterez pas"- n’a plus aucune valeur. Le "off" est devenu au journalisme ce que le secret de l’instruction est devenu pour la justice. Cela est du à une dégradation de la rigueur morale des individus et à la perte du respect d’une éthique non contraignante. Depuis la mésaventure de Lionel Jospin, traitant Chirac lors d'un voyage avion, de "vieux et dépassé, on aurait dû en tirer les conséquences.

Les gens de Droite se confient moins aux journalistes quoi que... Mais ils sont traqués, dans leurs propos non publics, par des moyens d’écoute sophistiqués, par des indiscrétions rendues possible par leurs imprudences, comme la sortie de Brice Hortefeux sur «l’auvergnat maghrébin ». Il faut donc tourner 7 fois sa langue dans la bouche et se méfier des oreilles, même amis, qui vous écoutent.

C'est l'histoire de deux mecs

Sur l’affaire elle-même, il est évident que l’apostrophe « sale mec » a été sortie de son contexte. L’indignation de la Droite, surdimensionnée, a voulu polluer le véritable début de campagne du candidat PS. En fait, devant des journalistes, François Hollande a songé à ce que pourrait dire Sarkozy pour être élu et, surtout ce qu’il ne pourrait pas dire :"j’ai tout raté, je suis un sale mec", pour conclure, "mais il n’y a que moi malgré tout »

François Hollande ne traite certes pas Sarkozy de "sale mec", puisque c’est ce dernier qui se qualifie ainsi, dans un sketch tout de même écrit par l'ancien secrétaire général du PS. Mais, le sketch est tout a fait révélateur, implicitement, de l’opinion profonde qu’il a du président sortant. Si ce n’est pas une insulte, c’est un aveu.

Il est donc normal que cela soit repris dans la campagne, sans pour autant transformer en injure une parodie acide. Mais les électeurs n’attendent pas une parodie de campagne. Brocarder le président ne fait pas un programme. « Sale mec » pense-t-il; « pauvre mec » lui répondent les partisans de Sarko. C’est l’histoire de deux mecs…. Qui, pour le moment, ne font pas rire pas grand monde.

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