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Par: gemo30 le 09/02/2012


Poussée par la vague verte, la chancelière allemande décidait il y a peu la fermeture anticipée de 8 centrales nucléaires.Aujourd'hui, l'Europe se gèle, tous les moyens de production, notamment thermiques à flamme fonctionnent à plein régime, et l'Allemagne remet en service 5 des 8 centrales arrêtées...Arrêter, peut-être, mais il faudra réfléchir à deux fois avant de démanteler !!
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Energies vertes contre la désindustrialisation? - Il y faudra plus de temps qu'on veut bien le dire. Et en attendant?

Energies vertes contre la désindustrialisation?


Il y faudra plus de temps qu'on veut bien le dire. Et en attendant?



Roger Borderie (Sauvons le climat)
le 08/02/2012

Chaque campagne électorale a son lot de promesses alléchantes et de solutions miracle. Avec le taux de chômage atteint par le pays, toute orientation vers des créations d’emploi est évidemment à étudier avec intérêt. Les énergies dites « vertes », éolien et photovoltaïque notamment, figurent dans le peloton de tête des remèdes à la crise de l’emploi et de la désindustrialisation. Mais les annonces comportent de tels écarts qu’on est en droit de se demander si les chiffres avancés ne résultent pas davantage de la méthode Coué que d’études rigoureuses.

Les coûteux panneaux photovoltaïques qui fleurissent sur nos toits sont en quasi-totalité fabriqués en Chine, aux Etats-Unis ou en Allemagne. La production nationale est le fruit de PME et souffre de son prix de revient. La maintenance est inexistante, tout au plus peut-on prévoir une filière de recyclage pour les panneaux en fin de vie… dans 15 ans. Les emplois induits sont, en grande partie, liés à l’installation et ne nécessitent pas de haute qualification.

En éolien, le constat est identique: pas d’industrie nationale, mais un plus grand retard en équipement par rapport à nos voisins européens. D’où des débouchés intéressants pour une industrie, qui reste entièrement à créer. Alstom ou Areva construiront les grands parcs éoliens français prévus sur les côtes bretonnes ou languedociennes, avec une vraie filière, allant de l’ingéniérie à la maintenance. Mais l’avance technologique de nos concurrents, le prix de revient du kWh produit et le nombre limité de sites à équiper relativisent la portée de cette solution.

Le Syndicat des énergies renouvelables, peu enclin à noircir le tableau, annonce quelque 20.000 emplois en 3 ans, directs et induits, pour le photovoltaïque. Il ne faut guère attendre davantage de l’éolien, industrie comprise. Quand aux autres filières, il s’agit, pour l’instant de recherche et développement dans l’hydrolien ou de réorientation de productions dans la filière bois ou le solaire thermique, donc sans créations nettes d’emplois.

Face à la prudence des professionnels du secteur, certains candidats parlent de centaines de milliers d’emplois « verts », incluant, il est vrai, les métiers du démantèlement et de la réorientation des sites nucléaires. La vérité des chiffres n’est sûrement pas du côté des politiques, tentés de promettre le temps des cerises pour glaner quelques voix…

Un autre mensonge majeur réside dans l’affirmation de la capacité des renouvelables à se substituer rapidement au nucléaire. Si l’on s’en tient à la seule production -donc en laissant de côté l’intermittence des renouvelables, qu’on ne gère que par la souplesse de fonctionnement de centrales au gaz en l’absence de coûteux moyens de stockage de masse– l’éolien et le photovoltaïque représentaient 2,9 % de la production française d’électricité en 2010. A rapprocher des 3,4 % du charbon, des 3 % du gaz et des 1,6 % du fuel. Et des 81 % du nucléaire.

A partir des données de l’incontestable Commission de régulation de l’électricité pour 2012, 16,3 TWh devraient être fournis par l’éolien et 3,2 TWh par le solaire, soit une couverture de 3,9 % des 500 TWh de la production nationale. La part de cette électricité verte augmenterait donc de 1 % sur 2 ans, soit 0,5 % par an.

Une politique énergétique respectueuse du climat consisterait à éradiquer les ressources fossiles, charbon, pétrole et gaz, de notre production électrique. Au rythme actuel, pour substituer éolien et solaire aux 8 % de fossiles, il faudrait déjà 16 ans. Et il ne faut pas oublier que, sauf à opter pour la décroissance, les besoins en électricité continueront à augmenter de 1,5 % par an.

Alors, si les séduisantes énergies vertes, modernes, propres, inépuisables ne peuvent pas éviter, en moins d’une décennie, le recours aux énergies fossiles, archaïques, dangereuses pour l’homme et l’environnement, et dont l’épuisement est tout de même en vue, comment envisager sérieusement de « sortir du nucléaire »
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