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Par: Robert41 le 27/05/2012


Indépendance !!!!!
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Outre-mer : merci, Ayrault  - Mais laisse bien ouvert le porte monnaie

Outre-mer : merci, Ayrault


Mais laisse bien ouvert le porte monnaie



Michel Lhomme
le
modifié le 26/05/2012 à 11:24h

Avec trois domiens, dont deux ministres de plein exercice, dans le nouveau gouvernement de Jean-Marc Ayrault, sans compter la nomination du Martiniquais, Alain Zabulon, comme directeur-adjoint du cabinet présidentiel, l’Outre-mer, et en particulier les Antilles et la Guadeloupe (deux ministres, Victorin Lurel et Georges-Pau Langevin), a été chaleureusement récompensé de son hollandisme spontané. Victorin Lurel aura finalement accepté la rue Oudinot, mais comme ministère à part entière, ce qu’il aurait négocié. 


Georges-Pau Langevin, Victorin Lurel et Christiane Taubira

N’empêche que, pour beaucoup d’ultra-marins, c’est encore un Guadeloupéen qui succède à une Guadeloupéenne (l’ex-ministre Marie-Luce Penchard); de quoi faire jaser ou ruer dans les brancards, la Réunion ou le Pacifique. Comme nous l’avions anticipé, la Guyanaise, robespierriste totalitaire et hystérique de l’antiracisme, Christiane Taubira, a été nommée Garde des Sceaux. N’ayons crainte : elle assurera au pouvoir que, du point de vue des idées, aucune tête ne dépassera (la loi Taubira avait transformé la traite et l’esclavage en « crime contre l’humanité », interdisant, sous peine de délit d’opinion, toute critique ou révision historique de l’événement). Bref, pour l’Outre-mer, le premier gouvernement Ayrault, c’est un festival de récompenses comme au Festival de Cannes, mais sans palme d’or (le salaire a été baissé de 30 % !). Et pourtant ?...


Une intersyndicale néo-calédonienne contre la vie chère a menacé de reprendre ses actions de terrain si des mesures « emblématiques » n’étaient pas décidées par le gouvernement local d’ici à la fin mai. « Nous souhaitons la signature d’accords économiques et sociaux et avons donné au gouvernement un ultimatum au 31 mai. Si rien n’est signé, on reviendra sur le terrain », a déclaré le leader de l’Union syndicale des ouvriers et employés de Nouvelle Calédonie (Usoenc). Il y a un an, quelque vingt-mille personnes étaient descendues dans la rue à l’appel de l’intersyndicale, qui regroupe la majorité des salariés de l’archipel. Une commission « spéciale vie chère » a ensuite été mise en place au Congrès, et un préambule définissant les grands axes de futurs accords a été signé. Pour le leader de l’Usoenc, « un travail de fond énorme est en cours. On veut réformer l’économie de comptoir du pays. Nous ne voulons plus de mesurettes, mais des mesures emblématiques », a-t-il également prévenu. 

Si les membres de l’intersyndicale ont affirmé qu’un certain nombre de sujets étaient prêts, comme la taxation des plus-values immobilières, la création d’une tranche supplémentaire d’imposition à 50 % et le relèvement de la taxation des dividendes de « seulement 13 % actuellement », ils réclament en outre un blocage des prix, six mois avant et un an après, l’entrée en vigueur de la taxe générale sur les activités (TGA), prévue au 1er janvier 2013. Outre la TGA, l’exécutif local a déjà adopté une série de mesures visant à améliorer le pouvoir d’achat, tel que le revenu minimum vieillesse, le gel des loyers ou une baisse des prix du transport aérien intérieur. Plusieurs études sont toutefois en cours, comme une mission de l’Autorité de la concurrence.

Electorat peu mobilisé et citoyen  

Cette menace en Nouvelle-Calédonie intervient quelques jours après le lancement, au début du mois, d’une grève illimitée par le "collectif LKP contre la vie chère et la pwofitasyion" en Guadeloupe, fief du nouveau Ministre de l’Outre-mer. Celle-ci n’a pas provoqué la mobilisation attendue. Le LKP a réitéré l’appel à une amplification du mouvement. Au deuxième jour de grève, aucun impact particulier n’avait été constaté sur l’activité économique de l’île. 


Manifestation contre la vie chère

Dès la nomination de Victorin Lurel, le 16 mai, le LKP a tenu une conférence de presse, informant que 50 entreprises étaient touchées par le mouvement et qu’un bon nombre de municipalités étaient paralysées par des piquets de grève. Elie Domota, leader charismatique du mouvement a appelé à des « zones de turbulences » et même, ce sont ses propres mots, à la « guérilla sociale ». Le LKP reste donc ferme sur ses positions dans les négociations salariales de l’accord Bino, conséquences du long mouvement de grève générale de 2009. Un grand meeting du LKP a eu lieu la semaine passée et une marche unitaire au Gosier est prévue pour le 27 mai. En tout cas, on aura remarqué, en Guadeloupe, que, très tôt le matin, les garde-mobiles étaient positionnés aux carrefours routiers pour empêcher tout blocage des ronds-points.

A Mayotte, deux rapports gouvernementaux officiels tirent la sonnette d’alarme et parlent d’une « situation sociale explosive », faite de ressentiments économiques, d’immigration clandestine incontrôlée et incontrôlable. Tous les observateurs de l’île s’attendent à ce que le couvercle de la marmite explose à la rentrée, l’île n’étant pas du tout à l’abri d’émeutes, même violentes, en particulier dirigées contre la population blanche métropolitaine.

Les ultra-marins seraient tous devenus socialistes et nous avons évoqué ici même la mobilisation de l’électorat outre-mer pour François Hollande, en particulier en Guadeloupe. Pourtant, à l’heure des comptes électoraux, il faut relativiser cette mobilisation. L’électorat d’outre-mer est resté, en fait, peu mobilisé. Avec un taux d’abstention atteignant les 46,87%, les départements et collectivités d’Outre-mer sont les régions où les électeurs se sont le moins déplacés aux urnes. 

Score honorable du FN

Les DOM-TOM ont, en effet, enregistré des taux d’abstentions record, lors du premier tour de l’élection présidentielle. Sur les dix communes où le taux d’abstention est le plus élevé, neuf se trouvent ainsi en dehors de la métropole. Saint-Martin a enregistré un taux d’abstention atteignant les 69,06 % (c’est la lanterne rouge de l’abstention !), la Guyane, 54,92 %, Mayotte, 51,13 %, la Polynésie française, 50,65 %, la Nouvelle-Calédonie, 44,61%, Saint-Pierre et Miquelon, 44,55 %, Saint-Barthélémy, 43,40 %, la Réunion, 34,41 %, et enfin Wallis et Futuna, 27,90 %. Avec une moyenne du taux d’abstention de 46,87 %, les 11 DOM-TOM dépassent largement les 20,5% enregistrés au niveau national !


Le FN en Outre-mer

François Hollande n’a donc récompensé que ses partisans (l’électorat outre-mer demeure un électorat attaché à la France pour l’assistanat, mais très peu mobilisé et citoyen !). Si la Guadeloupe est présente par deux têtes au gouvernement, c’est que, outre son lobbying depuis deux ou trois ans, c’est en Guadeloupe que François Hollande a réalisé ses trois meilleurs scores du premier tour (57 % en Guadeloupe). A la Réunion, 53,29 % et en Martinique, 51,38 %. Au total, 7 des dix départements (collectivités incluses) à avoir le plus voté pour le candidat socialiste avaient été ultra-marins au premier tour ! 

Rappelons, mais cette fois ci, chiffres à l’appui, que Marine Le Pen a réalisé, pour la première fois, une percée dans ces territoires traditionnellement défavorables au Front National; ce qui peut augurer, pour demain, d’une implantation future qui demeure indispensable, rappelons-le, à qui veut conquérir l’Elysée. Avec une moyenne de 8 %, la candidate du Rassemblement Bleu Marine aux législatives, a doublé, en Outre-mer, le score de son père en 2007. Elle a même dépassé la barre des 10 % en Nouvelle-Calédonie, à la Réunion, en Guyane, à Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon.
 
Enfin, dernier signe que nous aimerions avant-coureur : la fin de la fédération UMP à Saint-Martin. Une réunion d’urgence de la fédération territoriale de l’UMP a confirmé la démission de tous ces membres et de son président, le milliardaire  sénateur Louis-Constant Flemming, surnommé le « roi de Tintamarre ». Le sénateur incompétent n’avait pas supporté l’investiture par Paris de son adversaire et rival aux territoriales, Daniel Gibbs. La dissolution de cette fédération, qui sème la zizanie locale, ne préfigure-t-elle pas l’implosion à venir au niveau national de ce parti d’arrivistes, une UMP faussement déchirée sur des valeurs toutes compatibles et anti identitaires ?

Des départements pauvres comme le Nord de la France

Pour compléter ce petit tour d’horizon postélectoral et pré-gouvernemental, les comparaisons entre la démographie et le mode de vie en France métropolitaine ne sont pas légion. C’est tout l’intérêt des données publiées, ce mois-ci, par l’Institut national d’études démographiques (INED). Elles dépeignent une fraction à part de la population française : on y fait plus d’enfants, plus tôt, on y vit moins longtemps, et on émigre beaucoup plus facilement. Mais, et c’est l’un des enseignements principaux de ces travaux, la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane ressemblent de plus en plus à certains départements français, dont ils sont beaucoup plus proches que des pays en voie de développement qui les entourent. « Ce sont des départements pauvres, parmi les plus pauvres de France et d’Europe, explique Franck Temporal, chercheur à l’INED et coauteur de ces travaux. Mais on peut trouver des ressemblances avec les départements du nord de la France par exemple ».

Premier enseignement : avec 2,4 enfants par femme, contre 2,1 en métropole, le taux de natalité ultramarin est plus élevé. Les femmes y ont aussi des enfants beaucoup plus tôt, fréquemment avant 20 ans pour le premier. La moyenne masque cependant des disparités importantes. La Guadeloupe et la Martinique ont des taux proches de la métropole (2,2 et 2,1 enfants par femme), contre 2,5 à la Réunion et 3,6 en Guyane. Mayotte avec l’accouchement de ces Comoriennes sans papier reste la première maternité de France ! Ces spécificités ne doivent pas masquer l’évolution rapide vécue outre-mer dans le sens d’un rapprochement avec la métropole. Dans les années 50, le niveau moyen de fécondité s’élevait à 6 enfants par femme.

 
D’autres particularités persistent toutefois. Le recours à l’IVG est plus fréquent : une par femme en moyenne contre 0,53 dans l’Hexagone. Là encore, la différence se joue en particulier chez les femmes jeunes : les taux sont deux fois supérieurs à ceux de la métropole avant 20 ans. Autre différence marquée : la mortalité infantile, bon indicateur de l’hygiène générale de la population, est deux fois plus élevée et ne baisse pas depuis dix ans (8,4 décès pour 1000 naissances sur la période 2005-2009). L’espérance de vie y est aussi inférieure de deux ans. 

Le drainage des cerveaux vers la métropole

Quant à l’article consacré à l’insertion professionnelle, il met en lumière l’une des aspirations majeures de ces populations : quitter leur île ou leur territoire. La moitié des jeunes adultes des DOM se disent prêts à partir si un emploi leur était proposé ailleurs. Ils sont 67% à l’envisager en Martinique, 58 % en Guadeloupe, 56 % en Guyane, 41 % à la Réunion. En cause, l’offre éducative insuffisante, et un chômage important dont les jeunes sont les premières victimes. Cela se traduit par un véritable déficit dans certaines tranches d’âge de la population locale. 

En moyenne, un natif des DOM sur cinq vit en métropole. Cette migration s’apparente à une véritable lutte des cerveaux, à l’avantage de la métropole. Ce sont les jeunes les plus diplômés et les mieux armés pour s’insérer dans le marché du travail qui quittent leur terre natale, souvent après un premier cycle universitaire, la suite des études n’étant pas possible sur place. Ces derniers s’installent alors durablement en métropole et sont, hélas, souvent confondus avec les populations immigrées fraichement arrivées ! 
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