
Nice 2012
Un festival du livre et des esprits libres
Jean Ansar
le
modifié le 12/06/2012 à 20:43h
Le Festival du livre de Nice est devenu un événement pluri-culturel sous la conduite de son directeur artistique, Franz olivier Giesbert. Ce dernier, directeur de l'hebdomadaire partenaire Le Point, lui a apporté beaucoup, avec également l’intelligence de garder ce qui avait été fait et, surtout, l’esprit d’un évènement pas vraiment comme les autres.
Il revient de loin ce festival. Après la faillite, dans un contexte politique agité, de l’ancienne manifestation de l’ère Medecin, personne n'en voyait renaître à Nice. Il est pourtant devenu l’un des plus actifs de France, avec une excellente notoriété.


Franz olivier Giesbert, Jean d'Ormesson...
Cela est du au pari fou de trois jeunes gens dynamiques -Christian Giraud, Frederic Garnier et Stéphane Corsia- amoureux des livres et de la région. Ce sont les fondateurs de la société MPO, devenue depuis un leader du marché événementiel culturel, bien au-delà de Nice... Au début, le festival était concentré autour du « café littéraire », concept original et gagnant, toujours animé par Patrice Zehr, homme de radio et ancien rédacteur en chef entre autre de RMC, rejoint par d'autres débatteurs de talent.

...Raoul Mille....
Si le café reste un point capital de rencontre, il en est d’autres et le festival s’est diversifié. Consolidé pendant la mandature Peyrat il a connu un nouveau souffle avec l’arrivée à la mairie de Christian Estrosi, secondé par l’écrivain Raoul Mille, l’homme de tous les écrits.
Le président d'honneur, cette année, est Jean d'Ormesson, une plume au service de l’esprit français. Journaliste chroniqueur, Jean d’Ormesson a été directeur général du Figaro (1974-1977). Secrétaire général, puis Président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l’UNESCO, il a reçu le Grand prix du roman de l’Académie française pour “La Gloire de l‘Empire” (Gallimard) en 1971. Elu à l‘Académie française, le 18 octobre 1973, au fauteuil de Jules Romains, Jean d’Ormesson vient de publier “C'est l'amour que nous aimons” chez Robert Laffont, dans la collection Bouquins. Pour la première fois, sont réunis les romans d’amour de Jean d’Ormesson, illustration de la veine sentimentale qui marqua son entrée en littérature.

...Patrice Zehr : un quatuor de talents
Chaque année, le festival à un pays invité d'honneur. En 2012, c’est la Russie. Un choix finalement très niçois, comme l’explique le maire, Christian Estrosi. « 2012 est en effet l’année de l’amitié littéraire franco-russe. À Nice, celle-ci dure depuis le XIXème siècle et la présence russe a particulièrement marqué l’histoire de notre ville. Anton Tchekhov, Nicolas Gogol, Vladimir Nabokov (né à Saint-Pétersbourg) ont séjourné ici. Et Romain Gary appelait notre cité sa “chère ville de Nice presque natale”. Il était donc tout naturel que le Festival du livre accueille, événement exceptionnel, huit écrivains russes, ainsi que Claude Durand, le célèbre éditeur français de Soljenitsyne. »
FOG met le doigt, avec le regard acéré du journaliste, sur ce qui fait l'attractivité unique de ce festival. « Pourquoi le Festival du Livre de Nice est-il devenu une telle institution qui attire tant de visiteurs venus parfois de très loin ? Sans doute parce qu’il se déroule dans l’une des plus belles villes d’Europe, avec un grand passé culturel, incarné notamment par Nietzsche, d’une certaine manière Niçois d’adoption. Certainement aussi parce que, placé sous le signe de la tolérance, cet événement est ouvert et éclectique. Pas de chapelle, ici, ni d’excommunication : tout le monde a le droit de cité, comme le montrent nos grands débats avec les plus grands intellectuels du pays. »
Et c’est vrai qu’a Nice seul le talent compte, quel que soit les engagements de l'auteur. Ce festival n'a qu’une idéologie et qu’un politiquent correct: les livres de qualité, tous les livres de qualités. Un festival qui devrait être pris en exemple pour cette liberté d'esprit tant apprécié par le public et les lecteurs par d autres sans doute moins ouverts et plus idéologique. On conclura donc avec « madame mère »: «pourvou que ça doure ! »










