
ESSAI - L’homme réparé
Quand les centenaires courront le marathon de New York sur les mains
Guilhem Kieffer
le
modifié le 16/06/2012 à 09:45h
Vivre plus longtemps, plus beau, plus fort et plus intelligent. Qui pourrait refuser cette proposition de science-fiction dans un monde où l’obligation de performance se fait de plus en plus pressante ? C’est l’ambition déclarée du richissime et puisant lobby « transhumaniste ». Ses partisans sont les fervents défenseurs d’une nouvelle humanité génétiquement modifiée. Officiellement, il s’agit d’assurer le plus grand bonheur de tous, comme nous le promettent la démocratie à 4 sous ou la pub.

Hervé Chneiweiss
Officieusement, les profits à réaliser sont énormes. Derrière le vernis philanthropique des partisans "faustiens" d’une humanité sans défaut se tapissent des considérations financières et des idéaux eugénistes éminemment suspects ( au regard de ce qu'est l'eugénisme d'un Alexis Carrel ou d'un Jean Rostand par exemple) que démasque le professeur Hervé Chneiweiss en traitant des "espoirs, limites et enjeux de la médecine régénératrice."


De la crème antirides au clonage thérapeutique en passant par les greffes ou les antidépresseurs, "L’homme réparé" (éditions Plon) passe en revue les moyens développés pour améliorer l’homme, leurs limites techniques et les questions éthiques qu’ils soulèvent. Neurobiologiste, il met tout spécialement en garde contre les possibles manipulations du cerveau et du comportement. Les techniques ne sont pas encore toutes au point mais, prévient-il, leurs progrès sont impressionnants. Scientifique, il n’entend pas inciter son lecteur à refuser toute forme de progrès du savoir, mais lui donner les moyens de choisir, de lui ouvrir les yeux sur le monde qui vient. Un livre
Directeur de recherche au CNRS, professeur de biologie au Collège de France et directeur du laboratoire «Plasticité gliale» (Inserm U752 et Université Paris V, Hôpital Sainte-Anne), Hervé Chneiweiss a occupé les fonctions de conseiller pour les sciences de vivant auprès du ministre de la Recherche. Il est notamment l’auteur de "Bioéthique – avis de tempêtes" (avec Jean-Yves Nau éditions Alvik) et de "Neurosciences et neuroéthique : des cerveaux libres et heureux" (éditions Alvik).









