
Deux journées pour faire un grand bond en arrière
Journées nationales de l'archéologie de vendredi à dimanche
Albane Capuron
le
modifié le 20/06/2012 à 15:29h
Chercher ses racines? Retrouver sa mémoire? On n'en fait jamais trop, n'en déplaise à Bernard-Henri Lévy, qui n'aime pas tout ça. Surtout quand ça a une odeur de gaulois et de franchouillard, comme il dit avec le nez pincé. Sûr donc que les Journées nationales de l'archéologie, de demain vendredi à dimanche, qui en sont à leur troisième édition, peuvent faire trépigner le nomade qu'il y en a lui. D'autant que notre pays est sans doute le concentré archéologique de l'Europe.
En conséquence, il y a de quoi être impressionné par l'éventail de visites offertes à la curiosité, l'information, la méditation de chacun qu'il soit savoyard, languedocien, poitevin ou périgourdin. Avec plus de 400 sites ou institutions associées dans 304 communes et 24 régions, en Métropole et dans les Dom, ces journées, auxquelles nous suggérons de donner une appellation plus parlante et symbolique, proposent plus de 800 initiatives autour du patrimoine archéologique et de la recherche récente.

Plus de 130 sites archéologiques (grottes ornées, mégalithes, vestiges monumentaux), dont 45 chantiers en cours de fouille, seront exceptionnellement ouverts au public. 180 musées et centres de culture scientifique et technique proposeront des expositions temporaires en mettant notamment l'accent sur les « objets inédits » mis au jour lors de fouilles récentes. Conférences, ateliers pour enfants et adultes, démonstrations de techniques anciennes, randonnées archéologiques et une myriade d'initiatives complètent les propositions faites au public.

Organisées par le ministère de la Culture et de la Communication, ces journées, pilotées par l'Institut national de recherche en archéologie préventive (INRAP), on connu l'an passé une forte augmentation du nombre de partenaires: directions régionales des Affaires culturelles, services archéologiques de collectivités territoriales, laboratoires universitaires et du CNRS, opérateurs privés d'archéologie préventive, associations et sociétés savantes. Y contribuent financièrement la fondation EDF, Bouygues Travaux Publics, Réseau ferré de France et CEMEX ; médiatiquement Le Monde, Télérama, Le Journal des Arts, Archéologia, La Gazette des Communes, France 5 et France Culture. Pendant trois jours, la chaîne Histoire consacrera sa programmation à des documentaires sur l'archéologie. Bien sûr, La Règle du jeu, la revue de BHL, ne s'y est pas associée.
Un livre référence pour une approche d'ensemble de notre patrimoine
Pour parfaire votre curiosité, nous vous recommandons de vous munir d'un guide passionnant et tout frais sorti aux éditions Gallimard dans la collection, que personnellement je trouve inégalée, "encyclopédies du voyage: "France préhistorique".


Réalisé par une équipe de chercheurs et d'enseignants d'auteurs, de chercheurs du CNRS ou du ministère de la Culture et de professeurs d'université, l'ouvrage conduit le lecteur des premières manifestations de l'homme sur notre territoire au Paléolithique inférieur, il y a près d'un million d'années, jusqu'à la fin du Néolithique, environ 2000 ans avant notre ère.
Une première partie, d'initiation encyclopédique, nous éclaire sur l'évolution du milieu et des hommes durant cette très longue période : environnement (climat, flore, faune), habitat (de la grotte au village), modes de vie (de la chasse, la pêche et la cueillette aux premières agricultures), œuvres d'art, outils, rites et monuments funéraires... Cette partie fait le point sur les méthodes de l'archéologie (fouilles, reconstitutions, expérimentation, présentation dans les musées) et les représentations iconographiques de la préhistoire. Le cahier littérature offre un choix de textes d'archéologues, d'hommes de lettres et d'historiens évoquant notre lointain passé.
La seconde partie guide le lecteur sur les traces, souvent ténues, mais parfois spectaculaires, (comme les grottes ornées), de nos ancêtres, grâce à une série d'itinéraires thématiques : les premiers hommes en France, les habitats du Paléolithique, l'objet quotidien, l'art pariétal, les dolmens, les menhirs... Chaque itinéraire s'appuie sur un haut lieu de la préhistoire (Tautavel, Lascaux, les alignements de Carnac, les statues-menhirs de Corse...). Ces «sites-phares» invitent à la découverte de régions au riche patrimoine archéologique, comme le Périgord, la Dordogne, la Bretagne, le Bassin parisien ou les Pyrénées (il n'y a pas grand chose dans le Nord-Est). En effet, chaque région fait l'objet d'une présentation historique et est illustrée par une carte qui en recense tous les sites, les objets les plus remarquables découverts.
Pour terminer, un cahier pratique regroupe un glossaire, une bibliographie (à laquelle je rajouterai "On a retrouvé l'histoire de France" de Jean Paul Demoule, dont nous avons pourtant critiqué ici l'obsession anti-indoeuropéenne), un index des lieux cités et un tableau des lieux de visite indiquant les adresses. Un livre dont ont doit absolument se munir pour découvrir son environnement proche ou celui offert par un voyage
Journées-archéologie du vendredi 22 au dimanche 24 juin.










