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Par: Antiquus le 27/06/2012


Rappelons tout de même que Rebatet détestait ce film dans lequel il voyait l'annonce de la victoire des pires à cause du renoncement des meilleurs.
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La leçon de La Grande illusion - Souffle aristocratique sur ce film pacifiste mais pas antimilitariste

La leçon de La Grande illusion


Souffle aristocratique sur ce film pacifiste mais pas antimilitariste



Guilhem Kieffer
le
modifié le 22/06/2012 à 17:06h

"Pourquoi et comment ce film reste, en 2012, un sommet de l'art cinématographique?" La sortie de "La Grande illusion", dans quelques salles privilégiées et en DVD Blu-ray, a été l'occasion au critique de cinéma, Michel Marmin dans Le Spectacle du monde, comme à ses confrères, de s'extasier et d'exalter ce chef d'oeuvre de Jean Renoir, classé parmi "les 12 meilleurs films du monde", à lire comme "le chant du cygne de l'aristocratie européenne" en même temps qu'un "poème du  peuple".  
 
Rappelons-en le scénario, qui se déroule pendant la Première Guerre mondiale. L’avion du capitaine de Boeldieu et du mécanicien Maréchal est abattu lors d’une opération de reconnaissance. Les deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand, raffiné et respectueux, qui les accueille à sa table. Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrée à creuser un tunnel secret. 


Mais à la veille de leur évasion, les détenus sont transférés. Maréchal et de Boeldieu sont finalement emmenés dans une forteresse de haute sécurité dirigée par une connaissance, von Rauffenstein. Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie, se liant même d’amitié avec de Boeldieu. Mais les officiers français préparent une nouvelle évasion au cours de laquelle de Boeldieu se sacrifiera pour laisser partir ses camarades… 

Et Michel Marmin de continuer: "ce film, finalement autant « allemand » que "français ", y compris par son style (surtout dans sa dernière partie), laisse le spectateur sur une impression de terrible malaise, voire d'abattement, comme après un rêve de bonheur." A deux titres. D'abord,  "à travers le destin pathétique des personnages incarnés par Pierre Frenay et Eric von Stroheim, l'aristocrate français et le junker allemande, c'est la fin de la vieille Europe, celle qui tenait à l'Ancien Régime, qui est clairement suggérée.

Ensuite, "le titre sonnait aussi comme une lugubre prophétie : cette paix et cette amitié entre les deux peuples, n'était-ce pas une grande illusion » que les événements se chargeraient bientôt de dissiper ?" Finalement, le communiste Jean Renoir ne faisait-il pas partie de la plus noble des aristocraties, celle du coeur? Une leçon qui supplée à bien des diplômes. 

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