
L’été sera chaud
Quelques repères en ce début d’été.
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"Même s’il pleut, l’été s’ra chaud » chantait Eric Charden. L’été 2012 ne sera effectivement pas de tout repos pour le monde « politico-médiatique ». France, Europe, Syrie, Egypte, autant de sujets cruciaux que nous retrouverons à la rentrée mais que nous vous conseillons de suivre durant ces 2 mois.
France : la rigueur ou l’austérité

En France, la croissance économique a été nulle au 1er trimestre. Dans une note de conjoncture publiée mardi, l'Insee avait estimé que l'économie française devrait ralentir fortement en 2012, avec une croissance limitée à 0,4%, après 1,7% en 2011. L'OCDE (+0,6%) et le FMI (+0,5%) s'étaient montrés légèrement plus optimistes. Le gouvernement reste sur une croissance estimée de 0,5% sur 2012.
Pour cette raison sans doute, les services du Premier ministre annoncent une baisse de 2,5% des effectifs de fonctionnaires par an, entre 2013 et 2015, hors secteurs prioritaires (éducation, police, gendarmerie, justice). Sur une telle mesure, François Hollande affirmait la semaine dernière : « ce serait invraisemblable…" Et pourtant, les suppressions de postes dans la fonction publique vont s’amplifier. Si l’on crée des postes dans certains secteurs, il faut bien en supprimer ailleurs. C’est ce qu’a indiqué Jean-Marc AYRAUT dans ses lettres de cadrage budgétaires. Même principe dans les ministères pour les dépenses de fonctionnement et d’intervention. Ajouté aux 7,5M€ d’impôts supplémentaires, cet ensemble a tout d’une rigueur qui ne dit pas son nom.
L’Europe du sud a-t-elle fait plier Merkel ?

Les européens sont enfin tombés d’accord. Poudre aux yeux ou plan réaliste ? Les marchés vont pouvoir souffler. La finance n’est plus l’ennemi de François Hollande. Les membres de la zone euro ont décidé de créer un mécanisme pour recapitaliser les banques directement grâce au MES (Mécanisme européen de stabilité). « La Banque centrale européenne jouera pleinement son rôle » a précisé José Manuel Barroso, le président de la Commission Européenne.
Les fonds de sauvetage pourront plus facilement racheter des titres de dettes souveraines sur les marchés. Pour Herman Van Rompuy, Président du Conseil Européen, « il faut rassurer les marchés et obtenir une stabilité sur les obligations souveraines de ses membres ».
Enfin le « pacte de croissance » pourra injecter 120M€ dans l’économie européenne pour relancer à court terme la croissance.
S’ils ont été initiés par François Hollande, ces mesures ont été obtenues grâce à Mario Monti et Mariano Rajoy pour qui leurs pays « ne pouvaient continuer longtemps à se financer aux taux actuels imposés par les marchés». Mario Monti avait menacé de « faire capoter » le sommet européen.
François Hollande va donc pouvoir soumettre au Parlement un "paquet européen». «Je propose que soient soumis au Parlement toutes les décisions concernant l'Europe, le pacte de croissance, la supervision bancaire si c'est nécessaire, la taxe sur les transactions financières et le pacte budgétaire", a déclaré François Hollande à la presse à l'issue du sommet de l'UE, Il reste cependant opposé à inscrire dans la constitution la « règle d’or ». Le couple « franco-allemand » n’est plus le moteur de l’Europe.
Syrie : éviter la déstabilisation de la région

Visiblement échaudée par le « printemps arabe » et ses conséquences, l’OTAN ne souhaite pas accentuer la déstabilisation de cette région. Knut Bartels, Président du Comité militaire de l’OTAN a confirmé qu’il n’y aurait pas d’intervention militaire en Syrie, ou en Iran tant que toutes les solutions politiques n’auront pas été épuisées.
Pourtant, un avion turc a été abattu par la défense anti-aérienne syrienne. Comme nous l’indiquions dans « Notre monde en bref » « Le F-4 Phantom turc abattu vendredi testait la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l'OTAN et sa destruction a montré l'efficacité des systèmes russes dont est équipée la Syrie, estimaient des experts spécialisés russes cités lundi par l'agence d'Etat Ria Novosti. »
Egypte : les laïcs et les libéraux, cocus de la révolution

"Je suis préoccupé par les développements institutionnels intervenus ces derniers jours en Egypte, au lendemain des premières élections présidentielles libres qui doivent marquer une étape décisive vers l’instauration d’un régime démocratique. » affirmait Laurent Fabius. On le serait à moins.
« L’Egypte fête son premier président élu » titre le quotidien Al-Watan. Mais des points de discorde subsistent : dissolution du parlement, exigée par décision de la cour constitutionnelle, déclaration par laquelle l’armée s’est arrogé de larges droits, destin de la commission chargée de rédiger la nouvelle constitution, droits octroyés aux militaires d’arrêter des civils malgré la levée de l’état d’urgence.
Des centaines de personnes se sont rassemblées ce vendredi matin sur la place Tahrir au Caire, dans l'attente d'un discours du président élu Mohamed Morsi. "A bas le pouvoir militaire", "Maréchal, dégage" lançaient notamment les manifestants, en référence au Conseil suprême des forces armées (CSFA) du maréchal Hussein Tantaoui, qui doit conserver de vastes pouvoirs après la prise de fonction de M. Morsi.
Les partisans des Frères musulmans manifestent depuis plusieurs jours sans interruption place Tahrir pour protester contre les dispositions constitutionnelles prises par l'armée qui limitent les prérogatives du président.
La situation qui caractérise l’actualité égyptienne est très complexe. L’épreuve de force est engagée entre l’armée et les Frères musulmans sous l’œil attentif d’Israël et des Etats Unis. Seul un compromis pourra sortir l’Egypte de cette situation. Les libéraux et les laïcs auront été les cocus de cette révolution.
Que cela ne vous empêche pas de passer de bonnes vacances et de nous retrouver à la rentrée.









