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La mondialisation propage l’islamisation - Le film anti islam, petit brulot pour grand incendie

La mondialisation propage l’islamisation


Le film anti islam, petit brulot pour grand incendie



Jean Bonnevey
le
modifié le 14/09/2012 à 09:16h

Les révolutions et guerres de l’occident américain n’auront pas fait reculer le puissant sentiment anti-occidental des masses arabes. Le moindre prétexte permet aux islamistes qui ne craignent plus la répression, comme le confirment les derniers événements, de mobiliser les foules contre l’ennemi de toujours, le chrétien et le juif. C’est ainsi. 

Seuls les  idéologues de la démocratie changeant les hommes comme par miracle, pouvaient penser que l’aide apportée, ici financièrement et là militairement, contre certains régimes  totalitaires allaient durablement retourner les opinions publiques en faveur de leurs « alliés libérateurs ». La déception américaine est, une fois de plus, à la hauteur des illusions.
L’attaque  du consulat américain de Benghazi, les manifestations du Caire, les émeutes du Yémen, sans oublier le Maroc et l’Afghanistan, sont la preuve que les islamistes prospèrent sur les nouveaux régimes arabes et font feu de tout bois. Une fois de plus les américains, mais aussi les français très en pointe et les britanniques, ont joué avec le feu, notamment en Libye.


Attaque du consulat de Benghazi

En nombre de morts, le 11 septembre libyen n'a évidemment rien à voir avec le 11 septembre américain. Mais, comme l'effondrement des tours jumelles de New York en 2001, l'attaque menée onze ans plus tard, jour pour jour, par des extrémistes musulmans contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, qui s'est soldée par la mort de l'ambassadeur américain et de trois agents diplomatiques, pourrait constituer un tournant.

Obama est face à une réalité et Le Time doit regretter son titre de couverture deux jours avant l’attentat : « la fin d’Al Qaïda » avec tout de même un petit point d’interrogation. Pour Washington, les attaques de Benghazi et du Yemen étaient préparés par Al Qaïda et le film a servi de prétexte.

Pour Obama, c’est un coup très dur alors qu’il tentait, en pleine campagne, de tourner la page du traumatisme du 11 septembre et se félicitait de la mort de Ben Laden et des changements provoqués par des « printemps » qualifiés bien activement de démocratiques.

Les raisons de la colère

Cette colère arabe a tout de même une raison. Elle est provoquée par un film présentant l’islam comme une religion brutale et un prophète entre une sorte de pillard du désert et un Dsk du sable. Si certains faits mis en lumière sont incontestables, le film lui-même est d’une affligeante nullité pour ce que l’on a pu en voir et ses commanditaires fort peu inspirés. 

Un film médiocre

Le film Innocence of Muslims ("L'innocence des musulmans"), se veut une description de la vie du prophète Mahomet, et évoque notamment les thèmes de l'homosexualité et de la pédophilie. Des extraits de ce film à petit budget, avec des costumes d'amateurs, un scénario confus et des décors artificiels, ont été postés sur Internet ou diffusés sur de petites chaînes de télévision privées.

Des acteurs parlant anglais avec l'accent américain y présentent les musulmans comme immoraux et gratuitement violents, et tournent en dérision le prophète Mahomet. Le film aurait été réalisé par un dénommé Sam Bacile - très certainement un nom d’emprunt - qui se présente comme un Israélo-américain d’une cinquantaine d’années, travaillant comme promoteur immobilier en Californie. Dans un entretien au Wall Street Journal,  Sam Bacile affirme que cette vidéo est extraite d’un long métrage de deux heures, réalisé grâce à une levée de fonds de 5 millions de dollars auprès de «donateurs juifs». Dans cet entretien,  il souligne qu’il s’agit d’un «film politique» et que «l’islam est un cancer».

Les mosquées ont investi la parabole

Cela soulève un problème dont on parle assez peu mais qui est capital. Il y a quelques années l’affaire des caricatures de Mahomet ou un film  comme « l’innocence des musulmans »  auraient provoqué une tempête dans un verre d’eau. Aujourd’hui, en 24 heures,  la planète est au courant et en deux jours les foules musulmanes manipulées par les islamistes investissent les rues.

Mis en ligne sur Youtube le 2 juillet, le trailer a longtemps échappé à l’attention des internautes jusqu'à ce qu’il soit sous-titré en arabe, relayé sur le réseau social Twitter et promu par plusieurs personnalités très engagées contre l’ islam. L'une d'elles, le pasteur américain Terry Jones s'était rendu célèbre en mettant le feu à un coran, le 11 septembre 2009, pour le huitième anniversaire des attentats du World Trade Center. Terry Jones a posté la vidéo sur son site.


Morris Sadek 

Au Proche-Orient, c’est par l’intermédiaire de plusieurs chrétiens d’Orient, extrémistes, et notamment de Morris Sadek que la vidéo a été largement diffusée. Ce juriste égyptien de confession copte orthodoxe, exilé aux Etats-Unis, a été récemment déchu de sa nationalité égyptienne en raison de ses positions sécessionnistes. Il milite pour la création d’un état copte indépendant et la formation d’une armée copte de l'étranger, se définit comme «pro-israélien» et n’hésite pas à déclarer : «mon ennemi est le Dieu de l’Islam». La presse égyptienne a affirmé que des coptes extrémistes basés à l'étranger avaient participé au film. Aucun élément n’est venu encore confirmer cette thèse. Nakoula Basseley Nakoula, un Copte chrétien résidant dans la banlieue de Los Angeles est semble t-il le responsable de la maison de production à l'origine du film, rapporte Libération

La mondialisation  présentée un temps comme le grand rival de l’islam, en fait, lui profite. On opposait alors les paraboles aux mosquées. Les mosquées ont investi depuis longtemps les paraboles. Un mot sur le prophète filmé dans une arrière salle de Londres et diffusé par iPhone puis sur le net met le feu de Casablanca à Kaboul.


Jésus et Marie ne sont plus tabous

Les obscurantistes se servent de la technologie pour mobiliser et les moyens des démocrates du « printemps arabe » sur la place Tarik sont les mêmes que ceux qui ont rameutés les islamistes de Benghazi. Ce n’est  pas une raison pour ne plus dire ce que l’on pense.  Nous tomberions alors en soumission devant les talibans de la pensée et de la religion intouchable. La critique de l’islam ou celle du prophète ne doit pas être un tabou.  Celle de Jésus et de Marie ne le sont plus depuis longtemps. Encore peut-on espérer que la critique ne se limite pas à la médiocrité d’une haine par trop ordinaire. Ce film finalement a le droit de dire ce qu’il dit sauf qu’il le dit si mal et que lui donner la moindre importance ne peut qu’être prémédité.

Ceux qui veulent combattre l’image de l’islam pour empêcher l’islamisation l’ont renforcé et ont discrédité leur propre discours. Cette parodie de critique ne méritait rien. Son exploitation est plus inquiétante et ses conséquences démesurées sont  révélatrices  d’une violence qui est  aujourd’hui autour de l’Islam et n’est pas du très mauvais cinéma.

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